28 octobre: Départ de Charleston et l'intracostal en Georgie
Lundi matin, le 24 octobre, c’est l’heure du départ. L’étale
est prévu à 11 h et il est fortement conseillé d’arriver ou de quitter la
marina lorsque le courant est nul. Ici, à Charleston le courant est
impressionnant. Alors, nous vérifions le tout et attendons le bon moment. Mais
l’heure de l’étale théorique ne coïncide pas toujours avec la réalité. Le
niveau de l’eau et les vents viennent influencer les marées, le courant
également. On démarre le moteur et on observe. Eric n’est pas inquiet, comme à
l’habitude. On quitte donc le quai doucement. Alors que le derrière de Perla
devrait aller vers la gauche, il part vers la droite. Mauvais côté… On avance,
on recule pour essayer de repartir du bon côté… Mais un voilier ne réagit pas
comme une voiture et nous n’avons vraiment pas beaucoup de place pour
manœuvrer. Je cours comme une poule pas de tête de l’avant du bateau à
l’arrière avec ma gaffe à la main pour m’assurer qu’on n’accroche aucun bateau.
Eric m’impressionne toujours dans ces moments. Il est d’un calme absolu... et
il me dit : Stay calm, Stay calm! Puisqu’on ne peut se retourner ici, on
se dirige vers l’autre extrémité des quais (l’opposé de la sortie) en espérant
trouver un peu plus d’espace. On recommence le même manège, on avance, on
recule… Après de longues minutes, on (Eric, devrais-je dire) réussit enfin à
repartir dans la bonne direction, sans avoir touché aucun bateau ni aucun bout
de quai! Ouf. Maintenant, il faut aller au quai de service pour faire le pump
out et mettre du diesel. Le capitaine dirige Perla sans problème.
On repart ensuite de la marina, bien heureux d’avoir de
l’eau tout autour de notre voilier. Un dernier au revoir à la magnifique ville
de Charleston et on entre à nouveau dans l’intracostal. On navigue doucement à
marée haute. Les hauts-fonds sont alors un peu moins stressants. Cette section
sauvage est de toute beauté. On s’ancre 7 heures plus tard, au milieu de
marécage. Nous sommes seuls au monde et heureux de l’être. Le ciel se pare de
ses plus belles couleurs avant que le soleil nous quitte. Une autre soirée bien
tranquille à planifier la journée du lendemain.
Mardi, départ à 7 h avec les dauphins qui viennent nous
saluer en quittant notre ancrage. Il y en a même un qui saute derrière le
bateau! 5 h plus tard, nous sommes ancrés à côté de Beaufort (qui se dit Biu-fort
pour ne pas la confondre avec la ville de Beaufort de la Caroline du Nord). On
dine et on va marcher pour découvrir cette petite ville. Les balançoires au
bord de l’eau rappellent celles de Burlington. Mais ici, elles sont remplies de
verdure. On marche dans les rues pour découvrir les maisons historiques de la
ville. Les arbres sont envoutants, ils arborent leurs décorations d’Halloween!!
(je cherche le nom de cette plante qui pousse partout sur les arbres dans ce
coin de pays? Elle donne un petit look de toile d’araignée… mais c’est vraiment
de toute beauté!) On remarque à voir toutes les branches coupées en bordure de
la route que l’ouragan Matthew a frappé fort ici.
On passe un bel après-midi à se balader sous un chaud
soleil. On arrête dans la boutique Lollypop… mon chum pourra-t-il résister à
une cinquantaine de sortes de Jelly Bean?! On revient sur Perla à la fin de la
journée en dégustant nos bonbons! On se couche tôt, de longues journées nous
attendent.
Mercredi, on quitte avec le lever du soleil. Plusieurs ponts
sont à surveiller… ici, il n’y a pas de mesure d’indiquer, il faut donc… prier,
espérer!! Sérieusement, en principe tous les ponts sont censés être à 65 pieds
ou plus, mais parfois certains ne respectent pas les normes d’un ou deux pieds
et les grandes marées peuvent parfois venir enlever un autre pied ou deux…
C’est donc un léger stress à chaque fois.
Plusieurs endroits sont également peu profonds, d’autres
sont réputés pour être difficiles, comme le Hell gate avec les courants qui tentent
de vous pousser sur la rive ou les rochers… Mais tout ce passe bien. 60 milles
plus loin et 10 heures plus tard, Perla est ancré. Nous sommes où? On ne le
sait pas… Loin de tout! (Ne vous
inquiétez pas, nous le savons où nous sommes : Buckhead Creek en Géorgie,
mais nous sommes vraiment au milieu de nul part!) Que le bleu du ciel et le
doré des marais.
La nuit venue, le ciel étoilé et la lune qui sourit (oui,
oui, à ce temps-ci de l’année, elle sourit!) me ramènent à ma grand-maman qui
se libérera bientôt de son corps. Loin de tout, mais toujours si près de ma
famille par la pensée. Comme ma sœur Vicky me le disait, nous regardons tous la
même lune. Et ma grand-mère chanterait : « Que la lune est belle ce
soir, quelque chose se passe en moi. Je vois briller les étoiles… comme ton
amour file entre mes doigts… Chanter c’est fait pour oublier, tous les mauvais
jours passés, Pour refaire ces jours ensoleillés, De la vie il faut en
profiter. »
Jeudi matin, il se passe quelque chose de spécial… nos 4
filles se lèvent avant 6 h 30. (habituellement, tout le monde dort au
moins jusqu’à 8h) On déjeune dans le noir, éclairés par une lanterne Luci. Beau
petit moment en famille. À 7 h, nous repartons. Charline prend la barre.
Alixia et Daphné barreront par la suite. Nous sommes impressionnés de la
gentillesse de tous les bateaux à moteur qui nous appellent chaque fois pour
nous informer qu’ils souhaitent nous dépasser. On ralentit et ils peuvent
passer doucement, sans nous faire de grosses vagues, c’est vraiment apprécié!
Bien sûr, encore une fois, nous avons des passages avec peu
d’eau. Nous avons donc dorénavant un profondimètre parlant (une personne
mentionne les profondeurs lorsqu’elles changent!) alors le barreur peut se
concentrer sur les bouées! C’est mon tour de faire la voix du profondimètre et
je délire un peu... Imaginez la scène. 12 pieds, 12 pieds, 11, 10, 9 pieds...
et j’ai la chance de dire 5 pieds… 5 pieds, qui dit mieux?! Ok, 6 pieds… ouf,
nous ne sommes pas restés pris!! Le barreur n’était pas suffisamment au centre
du canal. On le lit
partout : « Stay in the middle » et « Don’t cut the
corner ». On répète sans cesse ces phrases, nos filles trouvent que
leurs parents délirent un peu trop!!
On s’ancre à 17 h 30, encore une fois, au milieu
de rien. (Wallys Leg) Pendant que le souper cuit sur le BBQ, on fait un peu
d’étirement, de yoga, de karaté sur le pont du bateau avec les cris des oiseaux
qui nous entourent. ( et parfois, le cris de nos filles!)
Il y a plusieurs tensions à bord… je sais ce que c’est que
d’avoir 3 sœurs!! Et à 9-10 ans, je n’aurais pas voulu être toujours collée sur
elles. Même si de façon générale, elles s’entendent bien, à tour de rôle, il y
a une des filles qui éclatent… je les comprends, mais je ne peux rien y changer.
La proximité a des avantages, mais aussi des inconvénients. Nous avons choisi
de vivre sur un bateau, nous devons donc profiter des avantages, mais aussi
vivre avec les inconvénients. À 5, 7, 9 et 11 ans, c’est parfois plus difficile
à comprendre.
Ce matin, vendredi, un léger brouillard nous entoure. Nous
sommes dans un rêve! Pour une fois, rien ne presse. Toute la famille peut
dormir et je peux écrire. Nous n’avons que 10 milles à parcourir pour atteindre
notre prochaine destination : St-Simons Island.
Cynthia
Coucher de soleil dans l'intracostal |
Un autre matin merveilleux. |
Parfois lorsque Charline essaie de prendre le lever du soleil en photo, un petit oiseau coquin passe devant l'objectif!! (ou est-ce une colombe?!) |
Les balançoires à Beaufort. Caroline du Sud |
Un petit parc sur le bord de l'eau. |
Les rues de Beaufort, avec une montagne de branches! |
Beaufort et une petite fille épuisée! |
Beaufort, Caroline du sud |
Un pont de traversé et le soleil de lève à peine. |
Il y a plus de bancs de sable pour les oiseaux que d'eau pour les bateaux... |
Les dauphins nous accompagnent au quotidien!! |
Un petit moment en solitaire |
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